La détox c’est quoi ? Pilule magique et tisane miracle !

La détox c’est quoi ? Pilule magique et tisane miracle !
2.7 (53.33%) 6 votes

Pour visionner la vidéo correspondante à cette article, RDV sur la chaine youtube « la micronutrition 2.0 » ou cliquez sur la vidéo ci-dessous :

Les fêtes de fin d’année arrivant à grands pas, on va encore entendre parler à tord et à travers  de « détox » ou encore de « détoxifier son corps« . Et les produits miracles vont naître de tout horizon, entre les fameuses tisanes et les thés « détox« , les pilules magiques qui vous promettront la perte des kilos accumulés pendant les fêtes en l’espace de quelques jours, les recettes de « jus détox« . Tout le monde va y aller de son petit conseil « maison »sans vraiment savoir de quoi il s’agit !

Alors non la véritable détox ce n’est pas passer sa journée aux toilettes à éliminer ses minéraux car oui par voie rénale, il y a des fuites urinaires de magnésium par exemple, et quand on sait que près de 80% de la population est déficitaire en Magnésium, qu’il est au coeur des processus neurobiologiques de gestion du stress et qu’il est d’une évidence certaine que le stress est omniprésent dans notre société, il y a de quoi se poser la question de la logique de telles pratiques !

D’autre par la véritable détox, ce n’est pas non plus passer sa journée à se « vider » après avoir passé ses intestins au casher, ça ce n’est pas faire de la détox mais bel et bien avoir la diarrhée 😉 et quand on sait l’importance de notre microbiote intestinal (flore intestinale) pour maintenir notre état de santé, on imagine assez aisément les dégâts sur le long terme causés par de telles pratiques de « purge ».

Alors la détox qu’est ce que c’est réellement ? Comment ça fonctionne et à quoi ça sert ?

  • La détox et les organes émonctoires

Le concept même de la détox est de débarrasser son organisme de substances potentiellement toxiques et donc dangereuses pour notre santé, et qu’on se le dise, il n’y a pas ou très peu de notion de « perte de poids » à proprement parlé dans ce concept. Pour se détoxifier, nous faisons appel à nos organes émonctoires que nous sollicitions davantage lorsque nous sommes soumis à des molécules toxiques notamment  lorsque l’on vit dans un environnement pollué, mais aussi lorsque l’on fume ou que l’on subit le tabagisme passif, lorsque l’on consomme de l’alcool en oubliant le « avec modération », lorsque l’on est polymédicamenté, que notre alimentation n’est pas saine … bref il y a énormément de facteurs environnementaux et hygiénodiététiques qui font que nos organes émonctoires doivent être opérants et nécessitent donc parfois d’être stimulés et soutenus.

Ces organes émonctoires sont au nombre de 5 : le foie, les intestins (le microbiote est responsable de 50% de la détoxication, ce qui n’est pas encore tout à fait clair pour un grand nombre de professionnels de santé), le rein,  la peau et les poumons. Ils fonctionnent tous par des mécanismes physiologiques différents dans le but de nous débarrasser de ces molécules toxiques comme les xénobiotiques  (métaux lourds, colorants, sulfites, hormones, endotoxines, médicaments, conservateurs …). Lorsque j’exerçais en officine, il m’est arrivé de très nombreuse fois de conseiller un complément alimentaire à visée « détox » qui composé de 15 plantes agissant en parallèle sur les 5 organes émonctoires. Vous le savez je suis contre la complémentation systématique et à mes yeux une complémentation n’est efficace que si elle est réalisée de manière individualisée et personnalisée. Pour les curieux, il s’agit du Drainaflore des laboratoires SUPERDIET, je vous déconseille de le prendre sans avoir au préalable expliquer votre situation à un pharmacien d’officine qui saura vous conseiller au mieux ou au besoin vous rediriger vers un autre professionnel de santé pour une prise en charge plus poussée.

  • detox

    Le foie et la détoxication hépatique

Un des organes clés de la détox est le FOIE, on parle de détoxication hépatique . Un des rôles capital du foie est donc de réaliser cette détoxication. Je vous rappelle à titre informatif que le foie joue de nombreux rôles et notamment celui d’organe de synthèses à la fois protéique (protéines de l’inflammation, de la coagulation, du métabolisme du fer, l’albumine …), lipidique (synthèse du cholestérol, des triglycérides, des lipoprotéines …), glucidique ( synthèse de glycogène) en autres … Il permet aussi la production de la bile, substance indispensable à l’élimination des produits lipophiles ne pouvant pas être éliminés par le rein.

Le foie est donc un organe de détoxication, par plusieurs mécanismes comme l’élimination de l‘ammoniac dans le cycle de l’urée ou encore la conjugaison de la bilirubine non conjuguée qui est un produit de dégradation de l‘hémoglobine.

La détoxication hépatique se déroule en 3 phases :

  • une phase I dite de fonctionnalisation qui fait intervenir des cytochromes comme le CYP450
  • une phase II dite de conjugaison qui fait intervenir des enzymes spécifiques comme la GST
  • puis une phase III qui correspond au transport et à l‘élimination des métabolites dans les urines ou la bile

C’est donc cette détoxication hépatique qui est capitale pour maintenir un bon état de santé et qu’il faudra donc dans certains cas soutenir voir stimuler.  Il existe plusieurs situations où l’on aura besoin de soutenir l’activité détoxiquante du foie grâce à la Micronutrition et la Phytothérapie Clinique individualisée. On connait aujourd’hui de nombreuses plantes qui ont des actions et des propriétés bien spécifiques, agissant sur l’une ou l’autre voir sur toutes les phases de la détoxication hépatique, d’autres sont dites hépatoprotectrices (c’est à dire qu’elles protègent le foie).

  • Quelques situations cliniques nécessitant une bonne détoxication hépatique 

Dans certaines situations, on parlera de cholestase, c’est à dire d’une bile épaisse et visqueuse, de mauvaise qualité, qui s’écoulera mal. On aura alors un ensemble de signes cliniques (comme les nausées matinales accompagnées d’un manque d’appétit, une digestion lente et difficile des repas riches en graisses  par exemple) et un bilan biologique perturbé (avec notamment des PAL et des GGT augmentées), on pourra alors en fonction de la clinique de chaque patient envisager une prise en charge grâce à des plantes judicieusement choisies pour leur action cholagogue (stimulation de la sécrétion des sels biliaires). On pourra alors avoir recours à l‘artichaut, au radis noir, au curcuma. On retrouve dans cette situation des patients qui ont adopté par eux même des stratégies permettant de recréer la  » chasse biliaire » : l’eau tiède  citronnée ou la cuillère d’huile à jeun le matin. Ce sont des comportements qui font tout de suite penser à une insuffisance de sels biliaires, si vous vous reconnaissez dans ceux-ci n’hésitez pas à consulter un professionnel de santé spécialisé en Micronutrition et en Phytothérapie, qui pourra vous conseiller une complémentation adaptée.

Dans d’autres situations, on aura également besoin de stimuler la détoxication hépatique chez la femme en surpoids/obésité et/ou à risque de développer un cancer hormone-dépendant, on sait que l‘hyper-imprégantion oestrogénique augmente ce risque. Les oestrogènes pouvant être synthétisés par le tissu adipeux, il est encore plus important de stimuler la détoxication des oestrogènes par le foie chez une patiente en surcharge pondérale. Il en va de même pour les jeunes femmes sous pilules contraceptives qui ne la supporte pas, les femmes ménopausées en surpoids présentant des bouffées de chaleur … dans toutes ces situations il faudra s’intéresser au foie, à son fonctionnement et potentialiser son activité détoxiquante. Il faudra alors agir sur la phase I de la détoxication hépatique pour que les oestrogènes prennent la bonne voie de métabolisation ( celle de la 2-hydroxylase), on pourra alors avoir recours grâce à la phytothérapie clinique individualisée à des plantes telles que le radis noir et l’artichaut, puis on agira sur la phase II de la détoxication hépatique en assurant les processus de méthylation (s’assurer des apports optimaux en vitamines du groupe B notamment B9, B12 et B6).

Je reviens sur une notion importante celle de surpoids et de l‘obésité. Au problème d’hyper-imprégnation oestrogénique, se rajoute celui des toxines lipophiles qui vont se stocker dans les adipocytes (cellules graisseuses). Je vous laisse imaginer les dégâts, d’une perte de poids rapide suite à un régime que j’appellerai « sauvage » c’est à dire sans suivi. Lorsque vous perdez 10, 20kg en quelques mois et que vous n’êtes pas suivi par un professionnel de santé compétent qui lui ne se contentera pas de vous mettre au régime mais qui prendra en charge votre santé de manière générale, alors vous exposez votre foie à un relarguage massif de toxines, d’acides gras toxiques et d’oestrogènes toxiques (16 alpha hydroxy estrone). Il est mis en évidence une corrélation entre les pertes de poids rapides et non suivies et le risque de stéatose. Il est impératif lors d’une perte de poids de surveiller la fonction hépatique et de la soutenir tout au long du programme, c’est une des nombreuses raisons pour lesquelles je vous met en garde de décider de perdre du poids seul sans le suivi et la prise en charge d’un professionnel de santé compétent en la matière.

Les hommes ne sont pas épargnés car ils présentent de plus en plus fréquemment des tableaux dit d’insulino-résistance avec syndrome métabolique. C’est typiquement l’homme d’une cinquantaine d’année avec les jambes fines et un ventre bien rond. On sait que ce ventre rond est le siège d’une inflammation chronique qui fait le lit de nombreuses pathologies cardiométaboliques et cardiovasculaires. Dans ce type de tableau clinique, il faudra également envisager de soutenir le foie tout en prenant en charge l’inflammation. A titre d’exemple, en phytothérapie clinique individualisée, on pourra avoir recours au curcuma, au chardon marie, à la réglisse.

Il existe bien d’autres situations dans lesquelles il faudra s’assurer d’une bonne détoxication hépatique et où il faudra soutenir le foie grâce à la Phytothérapie Clinique Individualisée et la Micronutrition, pour ne pas rendre ce post trop indigeste je vous en fais grâce et j’espère que les exemples dont je vous ai fait part vous permettrons d’envisager la détoxication hépatique sous un autre angle, que vous serez prendre du recul lorsque l’on vous proposera des produits miracles pour vous détoxifier et que si vous avez pour objectif de perdre du poids alors vous ne le ferez pas seul et vous saurez vous dirigez vers un professionnel de santé compétent qui pourra vous proposer une prise en charge globale, personnalisée et adaptée à vos besoins.

Notre foie est un de nos plus grands alliés, alors prenons en soin et aidons-le à réaliser cette détoxication hépatique plus que nécessaire vu les conditions hygièno-diététiques et environnementales dans lesquelles nous sommes amenés à vivre aujourd’hui.

Ce post est dédié à la détoxication hépatique mais vous avez bien compris qu’il existe 5 organes émonctoires qui ont chacun leur importance, je reviendrai juste sur le rein qui prendra en charge les molécules lipophiles rendues hydrosolubles lors de la détoxication hépatique. Ici aussi, on peut avoir recours à certaines plantes afin d’améliorer l’élimination rénale, je pense notamment à l’orthosiphon et à la piloselle.

Je terminerai par une petite mise en garde car nombreux d’entre vous utilisent les plantes en pensant qu’elles ne peuvent pas être dangereuses comme les médicaments allopathiques car elles sont naturelles. Sachez que les plantes contiennent des molécules puissantes qui ont des indications spécifiques, des posologies d’utilisation et des contre-indications. Aussi toutes les compléments alimentaires à base de plantes ne se valent pas et il existe une grande variation de qualité au sein de l’offre disponible (notamment hors réseau de distribution pharmaceutique). Je vous recommande donc la plus grande prudence dans le choix de vos compléments alimentaires et de ne pas vous laisser tenter à l’automédication. Une complémentation non conseillée personnellement ne vous servira à rien, pourra éventuellement vous mettre en danger et vous fera assurément perdre de l’argent. Pour ma part, je suis formée à la Phytothérapie Clinique Individualisée grâce au laboratoire PILEJE et à l’IESV (Institut Européen des Substances Végétales) et je prescris des plantes sous forme d’extraits de plantes standardisés (fluide ou solide).

à votre santé,

Micronutritionnellement votre, Anna POTTER 

DISCLAIMER : Ce POST comme tous ceux que vous trouverez sur le blog, contient des informations en matière de micronutrition et de nutrition santé. Il ne se substitue en aucun cas à une consultation. Seuls des médecins et des pharmaciens formés à la Micronutrition pourront au cours d’une consultation vous proposer une prise en charge personnalisée en tenant compte de votre état de santé. Ils pourront alors compléter ces informations et vous proposer une alimentation adaptée et une complémentation sur mesure.
Le Blog de la Micronutrition 2.0 et son propriétaire dégagent toute responsabilité concernant les conséquences qui découleraient d’une utilisation abusive ou non des informations qui sont contenues dans cet article.  Une auto-médication dans le domaine des micronutriments peut s’avérer dangereuse et toxique, demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien formés à la Micronutrition. Afin de trouver un professionnel de santé spécialisé en Micronutrition, contactez  l’IEDM.

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *