Le CURCUMA : remède ancestral ou véritable avancée thérapeutique ?

Le CURCUMA : remède ancestral ou véritable avancée thérapeutique ?
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  • Le curcuma c’est quoi ?

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Le curcuma longe qui est la variété la plus commune de curcuma, est une plante vivace grâce à son rhizome (souvenir des cours de Botanique en pharma !). La majorité de la production est d’origine indienne et la poudre obtenue après séchage des rhizomes, présente une très jolie et caractéristique couleur orange, utilisée traditionnellement en cuisine mais également de manière ancestrale dans la médecine ayurvédiques au travers différentes applications médicinales.

La communauté scientifique s’est donc intéressée à cette plante et à sa composition phytochimique afin d’identifier les molécules actives. La famille de molécules identifiées sont les curcuminoïdes, ce sont des composés phénoliques dont la curcumine est la représentante principale.

 

  • les propriétés du curcuma et de la curcumine

Les différentes études scientifiques réalisées sur le curcuma ont mis en avant différentes propriétés dont voici les 2 principales :

Action antioxydante comparable à celles de molécules anti-oxydantes de référence que sont la vitamine C et la vitamine E. Les préparations aqueuses (comme les EPS = extraits de plante standardisées) seraient plus efficace que la curcumine seule, car le mode d’extraction permet d’obtenir un totum avec des molécules qui présentent une synergie d’action supérieure à celle de la curcumine seule.

Action anti-inflammatoire comparable voire supérieure à certaines molécules allopathiques et ne présentant pas d’effet indésirable type gastralgie que provoquent les AINS et l’aspirine. Le curcuma inhibe la formation de médiateurs pro-inflammatoires (inhibition de la synthèse des Prostaglandine de type 2) et diminue donc la réponse inflammatoire du système immunitaire. Le curcuma fait partie des MAKs = modulateurs de l’activité des kinases, qui sont responsable de la synthèse de NFkB qui est le maître de la guerre (de l’inflammation)

De très nombreuses publications scientifiques mettent en avant les propriétés pharmacologiques du curcuma et son nombre important de bénéfices biologiques, agissant comme anti-inflammatoire, anti-oxydant, immunomodulateur, agent pro-apoptotique, agent anti-angiogénique, protecteur de la dysfonction mitochondriale.

  • Dans quelle situation utiliser du curcuma ?

Inutile de vous le rappeler mais l’utilisation de compléments alimentaires et donc de molécules actives, n’est pas un acte anodin, l’auto-médication peut s’avérer dangereuse car même si nous parlons de plantes, celles-ci contiennent des molécules chimiques qui ont des propriétés thérapeutiques et donc potentiellement des effets indésirables. Avant la prise de tout complément alimentaire, demandez conseil à un médecin ou à un pharmacien formés à la micronutrition.

Néanmoins, à titre purement informatif et non exhaustif, voici les situations dans lesquelles le curcuma pourrait être intéressant :

Le stress oxydant et l’inflammation de bas grade faisant le lit des pathologies dites de civilisation, on imagine sans mal l’intérêt de l’utilisation du curcuma à titre préventif mais aussi à titre curatif en complément d’une prise en charge allopathique classique.

Dans toutes les pathologies où les mécanismes physiopathologiques mettent en jeu le stress oxydant et l’inflammation, la prise de curcuma aura un impact positif :

Les pathologies cardio-vasculaires et notamment les pathologies athéro-thrombotiques où l’oxydation du cholestérol est le primum movens de la maladie.

Les pathologies inflammatoires chroniques touchant notamment la sphère articulaire, la sphère digestive (MICI = maladie inflammatoire chronique de l’intestin) mais rappelons-nous que l’inflammation de bas grade est à l’origine d’un nombre incalculable de maladies chroniques et dégénératives.

Certains troubles neuropsychiatriques comme les troubles dépressifs par une action sur les neuromédiateurs (sérotonine et dopamine) mais également pas son action anti-inflammatoire (on sait que la neuro-inflammation existe dans les troubles anxio-dépressifs)

En cancérologie, à titre préventif, pour ces mêmes actions anti-oxydantes et anti-inflammatoires. A l’heure actuelle, des protocoles à base de curcuma sont à l’essai dans certains centres de cancérologie.

Dans certains troubles digestifs et notamment pour favoriser la détoxication hépatique qui est bloquée en cas d’inflammation. Le curcuma stimule également les lipases pancréatiques qui permettent la digestion des graisses.

De nombreuses publications scientifiques mettent en avant les multiples actions moléculaires du curcuma dans les mécanismes physiopathologiques des cancers, du diabète, des maladies cardiovasculaires, des maladies neurologiques, des rhumatismes

  • Comment prendre du curcuma ?

Ce qu’il faut savoir et comprendre c’est que le curcuma présente une mauvaise biodisponibilité, ce qui signifie que le pourcentage de principe actif contenu dans le curcuma qui arrivera sur ses sites d’actions et donc sera réellement actif, est très faible. Cette mauvaise biodisponibilité s’explique d’une part du fait de sa mauvaise absorption et d’autre part de sa métabolisation rapide.

On peut néanmoins utiliser la poudre de curcuma dans son alimentation quotidienne, dans des préparations type curry ou en réalisant des assaisonnements à base d’huiles végétales.

Pour ce qui est de la complémentation, les suppléments mis sur le marché ont des qualités très variables et je ne peux que vous recommander de vous fier aux recommandations de votre thérapeute qui dispose des connaissances médicales et scientifiques nécessaires et indispensables à la compréhension des formules et des galéniques proposées sur le marché.

On a pendant plusieurs années conseillé systématiquement d’associer la pipérine (molécule contenue dans le poivre noir) à la curcumine du curcuma afin d’améliorer sa mauvaise biodisponibilité. En effet, la pipérine inhibe la métabolisation hépatique en métabolites inactifs du curcuma en bloquant la phase de glucuronidation de ce dernier. Néanmoins cette association systématique n’est pas à faire car le poivre agit également au niveau de la muqueuse intestinale, sur les jonctions entre les entérocytes (cellules de la muqueuse intestinale), il augmente la perméabilité intestinale et par ce mécanisme augmente l’absorption du curcuma. Or l’intégrité de la muqueuse intestinale joue un rôle majeur dans un nombre incalculable de pathologies et chez certains individus présentant déjà un leaky gut, il est donc fortement déconseillé de leur proposer une complémentation contenant du poivre. On en revient toujours à cette même démarche qu’est celle de la médecine fonctionnelle et nutritionnelle : personnalisation et précision, à chaque individu, une prise en charge spécifique.

Pour palier à ce problème d’induction et/ou d’aggravation d’une HPI : hyperperméabilité intestinale, des études ont été réalisées sur différentes formes de complémentation à base de curcuma afin de proposer des galéniques améliorant la faible biodisponibilité du curcuma par voie orale.

Il existe aujourd’hui des galéniques et des formes de curcuma bio-optimisé, proposant notamment du curcuma sous forme de micelles liquides, du curcuma liposomal, des complexes  curcumaphospholipides, des complexes de curcuma avec polysaccrahides qui permettent d’améliorer la mauvaise biodisponibilité du curcuma.

Le curcuma présenté sous forme de micelles liquides a une biodisponibilité 185 fois plus importante que le curcuma en poudre classique.

L‘EPS = extrait de plante standardisé de curcuma n’a pas besoin de poivre, car il contient naturellement des polysaccharides qui vont servir de vecteur à la curcumine.

Les posologies sont à déterminer par votre thérapeute en fonction de votre symptomatologie, les effets observables étant variable et fonction de la dose administrée. A titre purement informatif, 20mg/j ont un effet sur la protection de l’oxydation du cholestérol quand il faudra monter jusqu’à 500mg pour avoir un effet anti-inflammatoire. Toutefois tout dépend de la biodisponibilité du complément alimentaire utilisé.

  • effets indésirables, contre-indications et interactions médicamenteuses

EFFETS INDESIRABLES

Innocuité démontrée lors d’études cliniques de phase II, mais possible effet hémorragique dû à son action anti-thrombotique (inhibition des thromboxanes et activation des prostacylines)

CONTRE-INDICATIONS

liste non exhaustive :

Une attention particulière sera accordée aux individus présentant une obstruction des voies biliaires.

Les études n’ayant pas été faites chez la femme enceinte, le curcuma sera déconseillé à dose pharmacologique.

INTERACTIONS MEDICAMENTEUSES

liste non exhaustive :

les anti-coagulants et anti-aggrégant plaquettaires

potentiellement les AINS

  • En conclusion

Le curcuma a une action très globale, à la fois anti-inflammatoire, anti-oxydante, cardioprotectrice, hépatoprotectrice … ses propriétés pharmacologiques ont été démontrées et validées scientifiquement, à ce titre le curcuma fait aujourd’hui partie intégrante du paysage pharmacologique notamment en Micronutrition où il représente un des anti-oxydants et anti-inflammatoires les plus intéressants.

Je vous déconseille toutefois de vous auto-médiquer, la connaissance et la rigueur médicales et scientifiques étant indispensables au choix de la complémentation qui vous sera adaptée.

A défaut de consulter un professionnel de santé, vous pouvez toujours en utiliser dans votre alimentation quotidienne et remplir vos placards de curcuma en gardant à l’esprit sa mauvaise biodisponibilité.

à votre santé, Anna POTTER

DISCLAMER

Ce POST comme tous ceux que vous trouverez sur le blog, contient des informations en matière de micronutrition et de nutrition santé. Il ne se substitue en aucun cas à une consultation. Seuls des médecins et des pharmaciens formés à la Micronutrition pourront au cours d’une consultation vous proposer une prise en charge personnalisée en tenant compte de votre état de santé. Ils pourront alors compléter ces informations et vous proposer une alimentation adaptée et une complémentation sur mesure.
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en Micronutrition, contactez  l’IEDM

en Nutrition Comportementale, contactez le CMNC

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