MAIGRIR c’est dans la tête ?

MAIGRIR c’est dans la tête ?
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Pour découvrir la version vidéo de ce post, retrouvez-moi sur la chaine youtube de la Micronutrition 2.0 :

Et si pour perdre du poids (maigrir), tout se jouait dans notre tête ?

Je vous avais déjà proposé un post dans lequel je vous parlais des blocages psychologiques à la perte de poids. Si vous ne l’avez pas encore lu, je vous invite à le faire, des notions importantes y sont référencées : « Pourquoi je n’arrive pas à perdre de poids ? Les raisons psychologiques »

Aujourd’hui je souhaite vous faire par du cheminement qui m’a amené à apporter une importance bien plus conséquente à l’aspect psychologique dans le cadre d’une prise en charge d’un patient présentant un surpoids ou une obésité. Car oui aujourd’hui je suis absolument convaincue que pour atteindre un poids qui ne met pas en danger notre santé, cela se joue pour une bonne partie dans notre tête.

En Micronutrition, on propose une prise en charge globale sous forme d’un triangle dont chacun des 3 sommets représentent : l’hygiène alimentaire/micronutritionnelle (composée par l’assiette et la complémentation alimentaire), l’hygiène physique ( composée par la remise en mouvement et le rapport au corps) et l’hygiène psychique ( composée notamment par la gestion du stress mais aussi des émotions …)

Lorsque j’ai commencé à prendre en charge des patients présentant des problèmes de surpoids ou d’obésité, je me suis focalisée sur l’hygiène alimentaire et l’hygiène physique car j’ai longtemps envisagé la prise en charge des troubles de la « fonction cerveau » d’une manière purement neurobiologique, gérant les problèmes de stress aigu ou chronique, les troubles anxieux et dépressifs légers, les compulsions alimentaires, les addictions et le manque de motivation, grâce à la Micronutrition (complémentation micronutritionnelle sur mesure et modèle alimentaire personnalisé). Je me suis rendue compte que dans certains cas cela n’était pas suffisant et que dans certaines situations, le changement durable de comportement alimentaire exigeait une prise en charge comportementale plus importante. Pour faire maigrir durablement mes patients, il allait falloir que je m’intéresse à ce qui se passait dans leur tête.

psychonutrition

Au cours de ma formation continue, j’ai eu l’occasion de visionner une webconférence sur les résultats de l’étude SPIOPEN qui a fait l’objet d’une publication internationale dans OBESITY. Cette  étude observationnelle rétrospective met en avant l’intérêt de la Nutrition Comportementale Individualisée dans la prise en charge du surpoids et de l’obésité. Cette étude a été réalisée sur une période de 13 ans chez plus de 14000 patients ayant un IMC supérieur à 25 et inférieur à 60. Le succès étant défini  par l’HAS comme « le maintien d’une perte de poids d’au moins 10% du poids initial au-dela d’un an ».

Vous le savez déjà les « régimes minceur » sont tous voués à l’échec échec sur le long terme, ici le modèle alimentaire proposé que je ne détaillerai pas car il ne s’agit pas de l’objet de ce post, accompagné d’un suivi comportemental individualisé, ont obtenus des résultats  positifs à près de 27% avec la mise en avant de l’importance d’un suivi régulier ( 1 consultation par mois). Ces résultats étant extrêmement positifs, j’ai voulu en savoir plus sur la Nutrition Comportementale Individualisée (NCI) afin de pouvoir proposer une prise en charge plus globale à mes patients souffrant de surpoids ou d’obésité.

Je me suis donc formée à la NCI grâce au Dr Eve Villemur et au groupe Larena et je suis convaincue aujourd’hui que la perte de poids passe par une prise en charge à la fois de l’assiette mais aussi de la tête. En effet afin de pouvoir opérer des changements de comportement durable, il est indispensable de s’intéresser à la relation de l’individu à son alimentation ce qui demande une investigation précise des situations dans lesquelles son comportement alimentaire est perturbé et dans un second de s’intéresser à sa relation au monde : ses émotions, son rapport à son corps, et notamment son estime de soi et son acceptation corporelle. Grâce à des outils développés notamment par le Pr Osterman et le Dr Eve Villemur, il est alors possible d’individualiser la prise en charge comportementale et psychologique de chaque patient et de l’accompagner dans sa guerre contre les kilos en lui assurant une perte de poids durable dans le temps. Grâce à la NCI chaque patient va pouvoir maigrir pour de bon ! Je vous invite à lire l’ouvrage co-écrit par le Dr Eve Villemur qui vous permettra de vous faire une première idée des notions abordées en NCI : « Maigrir avec la Nutrition Comportementale

Aujourd’hui intimement convaincue de l’efficacité de cette prise en charge globale, je fais partie du Collège Médical pour la Nutrition Comportementale (CMNC)qui permet aux professionnels de santé formés à la NCI, de continuer à se perfectionner et à apprivoiser tous les outils mis à notre disposition afin de proposer une prise en charge optimale à chaque patient. Certains des outils étant axés sur les TCC de 2ième vague abordent la notion de « restructuration cognitive » intéressante lorsque les émotions négatives induites par des pensées irréalistes, entrainent des comportements inadaptés. Toutefois dans certaines situations, il n’est pas possible de réaliser ce switch de pensées irréalistes par des pensées plus réalistes, il est alors nécessaire d’aborder d’autres techniques que l’on retrouve dans les TCC de 3ième vague. C’est donc dans l’objectif d’apprivoiser ces outils et de légitimer mes compétences en psychonutrition (car oui lorsqu’il s’agit de prendre en charge la santé d’un individu, il me semble indispensable de faire valider et reconnaître ses compétences, il ne s’agit pas de lire 3 bouquins pour s’auto-proclamer expert en Nutrition et se donner le droit de prodiguer des conseils santé), que j’ai décidé de passer un diplôme universitaire de TCC de 3ième vague orienté vers les troubles des conduites alimentaires. Ce DU initialement programmé sur 2 ans, a été compacté sur 1 seule année universitaire avec cependant la même densité d’informations. Pour les professionnels de santé qui liraient ce post et qui sont amenés à prendre en charge des patients souffrant de surpoids ou d’obésité, je vous le recommande fortement, il s’agit du DU PPCA à la faculté de médecine et de pharmacie de Dijon. Au programme de ce DU, les différentes approches des TCC de 3ième vague sont abordées, notamment la Mindfulness (Pleine Conscience), l’ACT ( Thérapie de l’Acceptation et de l’Engagement), la gestion des modes mentaux GMM et toutes les approches BioPsychoSensoriels proposés par le GROS (Groupe de Réflexion sur l’Obésité et le Surpoids). Le But étant de pouvoir accompagner chaque patient dans son objectif de perte de poids, de le réconcilier avec son corps, de lui apprendre à gérer ses émotions négatives, de le reconnecter à ses sensations alimentaires et entre toute autre chose de le sortir de la Restriction Cognitive qui a mes yeux touchent aujourd’hui plus de 8 femmes sur 10 (à différents niveaux d’intensité bien entendu).

depression

S’obstiner à vouloir faire perdre du poids à un individu en conflit avec son alimentation, son corps et ses émotions,  qui a enchaîné échec sur échec en testant tel ou tel régime à la mode et en ne s’intéressant qu’à son assiette, est à mon sens voué à l’échec et ce même si on lui propose un « modèle alimentaire santé ». Il m’apparaît évident que la prise en charge basée sur les 3 axes mis en avant par la Micronutrition (assiette, tête et basket) reste la plus complète et efficace sur le long terme à condition que dans certains cas, le patient accepte de faire passer son objectif de perte de poids en second plan afin de se concentrer dans un premier temps sur son rapport à l’alimentation et plus général à son corps et au monde extérieur. En effet dans certaines situations, la restriction cognitive est telle, qu’il va falloir en premier lieu travailler sur celle-ci afin de supprimer les émotions et les croyances qu’elle induit, ce qui signifie adopter une prise en charge n’incluant aucune contrainte alimentaire ce qui peut parfois sembler paradoxal aux yeux des patients. Mincir parallèlement à cette prise en charge sera toutefois dans certains cas possible (d’ailleurs c’est ce que je constate dans ma pratique quotidienne) mais devra rester un objectif secondaire.

Si vous présentez un surpoids ou une obésité, que vous avez enchaîné les régimes minceur qu’ils soient hypocaloriques, restrictifs, hyperprotéinés ou autre et que vous vous retrouvez aujourd’hui en conflit avec votre comportement alimentaire et que vous souhaitez opérer des changements durables, je vous recommande fortement de vous diriger vers un professionnel de santé qui saura vous proposer une prise en charge globale et vous transmettre tous les outils dont vous aurez besoin pour atteindre vos objectifs de perte de poids tout en vous aidant à les déterminer et à les accepter (ce qui peut s’avérer compliqué) afin qu’ils correspondent à des objectifs santé stabilisables, on parle alors de poids d’équilibre et non pas de poids désirés.

à votre santé,

Micronutritionnellement votre, Anna POTTER

PS : Vous reconnaissez vous dans ce profil de la personne qui est en conflit avec son alimentation, son corps et ses émotions depuis des années voire depuis toujours ? Avez-vous tenté de nombreux régimes au prix de nombreuses privations, frustrations, et alternance de contrôle et perte de contrôle, sans qu’un résultat durable ait pu être atteint et maintenu ? Avez-vous déjà envisagé cette prise en charge globale associant « tête », « assiette » et « remise en mouvement » ?

DISCLAIMER : Ce POST comme tous ceux que vous trouverez sur le blog, contient des informations en matière de micronutrition et de psychonutrition. Il ne se substitue en aucun cas à une consultation. Seuls des médecins et des pharmaciens formés à la Micronutrition et à la psychonutrition pourront au cours d’une consultation vous proposer une prise en charge personnalisée en tenant compte de votre état de santé. Ils pourront alors compléter ces informations et vous proposer une alimentation adaptée et une complémentation sur mesure.
Le Blog de la Micronutrition 2.0 et son propriétaire dégagent toute responsabilité concernant les conséquences qui découleraient d’une utilisation abusive ou non des informations qui sont contenues dans cet article.  Une auto-médication dans le domaine des micronutriments peut s’avérer dangereuse et toxique, demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien formés à la Micronutrition. Afin de trouver un professionnel de santé spécialisé en Micronutrition, contactez  l’IEDM et pour trouver un professionnel de santé formé à la NCI contactez le CMNC.

 

 

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