OPTIMISER SA FERTILITE ET LA SANTE DE SON FUTUR ENFANT

OPTIMISER SA FERTILITE ET LA SANTE DE SON FUTUR ENFANT
Rate this post

Pour visionner la version vidéo sur youtube :

Les futures mamans commencent souvent à s’intéresser à leur alimentation et à leur santé, une fois qu’elles sont déjà enceintes de quelques mois. Une chose est sûre, c’est déjà « trop tard » même si bien évidemment, mieux vaut tard que jamais.

En effet, comme je vous le disais dans un précédent article sur les 1100 jours primordiaux pour optimiser la santé du futur enfant  » Un enfant en bonne santé, les périodes clés « , tout commence bien avant  que la grossesse soit déclarée au moment de la gamétogénèse (production des gamètes mâles – spermatozoïdes- et femmes -ovocytes-). Cette optimisation concerne donc aussi bien la future maman que le futur papa.

On considère donc qu’il est important d’optimiser les statuts biologiques des futurs parents 3 mois avant la fécondation, ce qui nous invite à s’intéresser à notre alimentation et à notre état de santé bien avant le moment habituel des 3 mois de grossesse.

Pour ma part, j’ai l’habitude de recommander à mes patients de réaliser une consultation de périconception dès le désir de grossesse, qu’il s’agisse d’un premier enfant ou qu’ils en aient déjà eu (avec le même intérêt). L’idée étant d’optimiser les statuts biologiques de chacun des parents avant la conception afin d’une part d’améliorer la fertilité  et d’autre part d’assurer par le biais de la future maman l’environnement micronutritionnel le plus favorable à une grossesse optimale. Cette consultation dite de périconception concerne donc tous les couples désirant procréer qu’ils aient des antécédents ou non de troubles de la fertilité.

 

Quand la Micronutrition vous accompagne dans votre désir de devenir Maman

Aujourd’hui en France, le pourcentage de couples n’arrivant pas à obtenir une grossesse après 1 an de rapport sexuel non protégé est de l’ordre de 15 à 25%, ce qui fait des troubles de la fertilité un problème de santé publique non négligeable.

Au delà des problèmes d’infertilité diagnostiqués et des antécédants médicaux, nombreux sont les facteurs hygiéno-diététiques défavorables à la conception : problèmes de surpoids/obésité (le syndrome des ovaires polykystiques, le fameux SOPK notamment) , le tabac, le cannabis, l’alcool, la pollution atmosphérique, les perturbateurs endocriniens dont nous sommes entourés, le stress, les troubles du sommeil, l‘âge de plus en plus tardif des futurs parents, notamment de la femme qui aujourd’hui fait de plus en plus d’études, les termine de plus en plus tard, attache une importance grandissante à sa carrière professionnelle par soucis de ne pas être dépendante de son conjoint et sous-estime donc les risques des grossesses tardives et de l’impact de l’âge sur leur fertilité (Le Dr Yasmine Liénard dans un de ses ouvrages « Pour une sagesse moderne » parle très justement de ce phénomène de société et du poids que cette dernière impose aux femmes qui font ce choix, je vous recommande ce livre si vous êtes un professionnel de santé qui s’intéresse aux TCC de 3ième vague, on y découvre des notions intéressantes).

Dans cet article, je ne vous parlerai pas de la prise en charge des troubles de la fertilité passée 1 année de rapports sexuels sans contraception, mais de cette période dite de périconception dès le désir de grossesse.

 

  • Pourquoi conseiller un bilan micronutritionnel aux futurs parents ?

Tout simplement parce que notre alimentation est de plus en plus composée de calories vides et que la composition de notre assiette ne nous assure plus aujourd’hui d’avoir des statuts biologiques optimaux. Cette approche quantitative et qualitative classique de l’alimentation que propose la diététique est insuffisante et limitée car elle ne tient pas compte de tous les processus d’assimilation, de métabolisation des micronutriments et d’autre part s’appuie sur des tables de valeur qui ne correspondent pas à la composition réelle des aliments d’autant plus que certains micronutriments essentiels n’y sont pas renseignés. Je constate régulièrement des divergences entre les bonnes habitudes alimentaires de mes patients et leur état de santé qui n’est pas optimal, le tout objectivé par le recueil de signes fonctionnels par le biais d’un interrogatoire clinique précis et un bilan biologique si nécessaire.

La nutrition et une complémentation adaptée ont donc la capacité d’optimiser la fertilité d’une part et de moduler l’expression de nos gênes (c’est ce que l’on appelle l’épigénétique). Lors de ces processus épigénétiques, il va y avoir une méthylation de notre ADN grâce à l’apport de vitamines B9, B12, B6, l’acide aminé méthionine et d’autres co-facteurs comme le zinc. Il faut donc s’assurer que dès le désir de grossesse, nos 2 futurs parents adoptent une alimentation riche en ces différents micronutriments et se complémentent sur mesure en fonction de leurs statuts biologiques. Les seules recommandations officielles en médecine traditionnelle concernent la vitamine B9, connue aussi sous le nom de folates ou acide folique, vous en avez sans doute déjà entendu parlé. Les recommandations en médecine fonctionnelle tiennent compte du dosage de cette vitamine sous sa forme érythrocytaire (plus précis) et les complémentations sont ajustées en fonction des résultats de la biologie.
Sans rentrer dans le détail des mécanismes épigénétiques, il faut garder en tête qu’ils sont indispensables et qu’ils vont garantir bien avant la naissance du futur petit prince (ou de la future princesse), sa bonne santé.

Vous l’aurez compris, pour garantir le capital santé de votre futur enfant, il ne suffit pas de faire uniquement attention à l’alimentation de la future maman pendant la grossesse, mais aussi à celle du futur papa et ce dès le désir de conception.

Il n’y a pas de recommandation officielle sur les statuts en iode, alors que l’on sait aujourd’hui qu’un statut insuffisant est délétère pour le bon développement de la thyroïde et du cerveau du futur enfant : on a constaté une baisse de 4 points du QI sur les 10 dernières années et des déficits toujours plus importants en iode.

 

grossesse fertilité

 

  • Quels sont les statuts que nous allons évaluer lors d’une consultation pour un bilan pré-conceptionnel ?

Sans vous faire un listing exhaustif des micronutriments que nous évaluons, voici les grandes lignes conductrices que nous empreintons.

Sachez tout d’abord que ce bilan concerne aussi bien la future maman que le futur papa.

La première chose à laquelle nous allons nous intéresser et pas qu’un petit peu, c’est la qualité de votre interface digestive, j’entends par là, la qualité de votre flore digestive (microbiote) mais aussi de celle de votre muqueuse intestinale, car c’est elle même qui va garantir une bonne assimilation de tous les micronutriments dont vous avez besoin. Vous l’aurez compris, cela ne sert à rien de de sortir de la pharmacie avec une valise de compléments alimentaires si vous présentez une muqueuse intestinale de mauvaise qualité voire que vous souffrez de ce que l’on appelle une hyperperméabilité intestinale ou encore appelé leaky gut. Quelque soit le motif de votre consultation, l’analyse de la fonction digestive est systématique car elle a un rôle central dans notre état de santé.

  • Chez la future maman

Pour vous mesdames, nous nous interrogerons sur votre statut en fer, mais aussi en iode, en calcium, en vitamine D,  sans oublier les micronutriments modulateurs des oestrogènes, ceux de la mitochondrie permettant la gestion du stress oxydant (vit A, vit E, Sélénium …) ainsi que ceux  intervenant dans la méthylation de l’ADN dont nous avons déjà parlé (vitamine B9 dont on connaît également l’importance dans le processus de fermeture du tube neural (prévention des AFTN), vitamine B12, vitamine B6, zinc ….

Les sources alimentaires à envisager :

  • vitamine B9 : l’acide folique vient du mot latin folium qui signifie feuille, vous en retrouverez donc dans les feuilles des végétaux (salade, épinard), dans la levure sèche également
  • vitamine B12 : exclusivement dans les produits animaux, les végétaux n’en contiennent pas, donc attention particulière aux végétaliens et aux végétariens (dont la complémentation sera proportionnelle au dosage de vitB12). Jaune d’oeuf, viandes, poissons, fromages, lait et foie.
  • vitamine A : dans les produits d’origine animale : matière grasse du lait et des fromages, des oeufs, du beurre, ainsi que le foie
  • vitamine E : les sources les plus importantes sont végétales, les huiles, les oléagineux, les germes de céréales
  • vitamine D : les poissons gras, les oeufs, le beurre
  • iode : les produits de la mer, les oeufs, les produits laitiers, les viandes et les céréales

Un autre micronutriment extrêmement important pendant cette période de préconception est un acide gras polyinsaturé de la famille des omégas 3, il s’agit du DHA (l’acide DocosaHexaénoique). Cet AGPI est indispensable au bon développement du cerveau et du système oculaire du futur enfant en sachant que les stocks de DHA se font pendant la préconception et les 2 premiers mois de la vie. On s’est aujourd’hui que les carences en omégas 3 sont importantes et que le rapport oméga 6/oméga 3 ne cesse d’augmenter. Il est donc capital d’assurer un statut optimal en DHA à la future maman et quand on connait la difficulté d’apporter ces omégas 3 dans l’assiette du fait de la pollution de nos océans et le risque d’intoxication aux métaux lourds, cela devient compliqué et encore plus chez la femme enceinte chez qui les recommandations sont de plus en plus strictes concernant la consommation de poissons gras. Il semble donc évidemment qu’une complémentation adaptée en omégas 3 notamment DHA s’avère indispensable. Pour objectiver les différents statuts en acides gras, il existe un bilan biologique qui permet de doser les différents types d’acides gras (saturés, mono-insaturés, poly-insaturés omégas 6 et omégas 9, trans). Ce bilan aussi appelé Statut en Acides Gras ou Profil d’Acides Gras Erythrocytaire nous donne une parfaite image du reflet de la composition des membranes cellulaires en AG et nous permet d’ajuster d’une part les habitudes alimentaires et d’autre part de proposer à chaque patient une complémentation sur mesure. C’est également un excellent outil de suivi.
Nous réaliserons d’une part un recueil de vos signes fonctionnels ainsi qu’enquête alimentaire, d’autre part des bilans sanguins avec des dosages spécifiques (comme par exemple le dosage de la vitamine B12 active et non pas B12 classique, le dosage de la vitamine B9 érythrocytaire) afin d’obtenir des résultats plus juste permettant la meilleure interprétation.

Devant tout problème de poids, il sera important de prendre en charge un éventuel syndrome métabolique et de dépister une insulinorésistance.

  • Et qu’en est-il du bilan micronutritionnel chez vos chers et tendres ?

Vous avez sans doute dû en entendre parler si il vous est déjà arrivé de vous intéresser aux « fameuses pilules miracles permettant de brûler les graisses », dont la composition renferme très régulièrement de la carnitine, réputée pour augmenter le catabolisme lipidique, réputation largement exagérée, la carnitine permettant juste d’optimiser le transport des acides gras. Il a été prouvé que la carnitine aurait la capacité d’améliorer l’efficacité des spermatozoïdes ce qui peut-être plus qu’utile lorsque l’on désire procréer ! On retrouve la carnitine dans les viandes rouges et les produits laitiers, mais un dosage et une complémentation seront à envisager comme pour l’ensemble des micronutriments car si vous l’avez bien compris, il est difficile d’obtenir des statuts optimaux uniquement en composant des assiettes santé.

Le Coenzyme Q10 a également une importance non négligeable, il permet la production d’énergie au niveau de la mitochondrie. Il est possible de le doser pour en connaitre le statut précis. En effet, des déficits en CoQ10 sont observés dans de nombreuses pathologies et notamment dans l’infertilité masculine.

Le statut en oxydants est également évalué car l’on sait aujourd’hui que ce stress oxydant est une des causes majeures de l’infertilité masculine : seront évalués : le Sélénium (noix du Brésil), la vitamine E, la vitamine C, le Zinc (viandes, poissons, fruits de mer, j’aunes d’oeuf, foie, céréales complètes) , le Cuivre … Il existe un bilan biologique spécifique permettant de doser chaque facteur intervenant dans la gestion du stress oxydant avec notamment le dosage des activités d’enzymes telles que la SOD (Super Oxyde Dismutase) et la GPX (Glutathion Peroxydase)

Comme chez la future maman, on s’interrogera également sur le statut en omégas 3 en sachant que ce dernier devrait être évalué quelque soit le motif de consultation.

Tous les micronutriments de la méthylation seront également à évaluer (vitamines B6 B9 B12 notamment) : 1/3 des hommes de couples infertiles présentent une carence en vitamine B12.

grossesse fertilité

Enfin, le désir de grossesse étant souvent source de stress, un micronutriment apparaît essentiel, car il est au centre de la gestion du stress et de son cercle vicieux : le Magnésium. Et quand on sait qu’aujourd’hui le déficit en magnésium est ubiquitaire, on a peut de chance dans une situation telle que le désir de grossesse, de ne pas observer des déficit voire des carences en magnésium.

  • Pour conclure sur l’intérêt de la Micronutrition en périconception

Comme dans de nombreux autres domaines, la Micronutrition sera un allié de choix dans la réalisation de votre désir de donner la vie. Soyez assuré de l’intérêt d’une consultation péri-conceptionnelle assurée par un professionnel de santé spécialisé en Micronutrition qui pourra selon le cas vous proposer un protocole adapté et/ou vous orienter vers un gynécologue et si il est spécialisé en Micronutrition et en Médecine fonctionnelle alors cela sera encore mieux !

Sachez qu’il existe depuis quelques années une définition de l’infertilité établie par l’OMS en 2009, il s’agit d’une absence de grossesse après 1 année de rapports sexuels réguliers non protégés chez les femmes de moins de 35 ans en l’absence de toute anomalie connue. On parlait jusqu’alors de 2 années. L’âge de la femme est précisé car important, chez les femmes de plus de 35 ans, le délai pour commencer les explorations est raccourci à 6 mois. 

Alors certes il ne faut pas aller jusqu’au déni mais ne vous stressez pas dès l’absence de grossesse au premier coup d’essai et laissez-vous quelques mois tout en mettant de votre côté toutes les conditions favorables à une bonne fertilité grâce à la mise en place d’une alimentation adaptée et d’une complémentation sur mesure toutes 2 proposées par votre Micronutritionniste.

à votre santé, Anna POTTER

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...
recherches utilisées pour trouver cet articlemicronutrition et fertilite

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *