Perdre du poids : une question de motivation ? Et le stress dans tout ça ?

Perdre du poids : une question de motivation ? Et le stress dans tout ça ?
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Pour perdre du poids, s’agit-il uniquement d’une question de motivation ?

Si on se laisse hameçonner par les idées reçues, les clichés, les stéréotypes concernant la perte de poids, qui sont très répandus et intégrés dans notre culture alors même qu’il ne s’agit que de vérités fondées sur la croyance populaire, on aurait tendance à répondre par l’affirmative à cette question : « La perte de poids n’est qu’une question de motivation, quand on veut, on peut et si je n’y arrive pas c’est que je manque tout simplement de motivation ! ». Ces idées reçues, nous les admettons facilement car elles sont très répandues, qu’elles se transmettent comme étant scientifiquement démontrées et demandent finalement peu de réflexion et de prise de recul.

 

 

Les neurosciences appliquées à l’Approche Neurocognitive et Comportementale « ANC » développée par le Dr Jacques Fradin (docteur en médecine, comportementalisme, cognitiviste et fondateur de l‘IME : Institut de Médecine Environnementale), ont permis de lever le voile sur toutes ces croyances et d’en comprendre les origines neurobiologiques. En effet, une zone définie de notre cerveau, appelée le cerveau néo-limbique est le siège de nos apprentissages, de nos motivations, de nos personnalités mais aussi celui du Mode Mental dit Automatique « MMA » qui nous permet de gérer le simple et le déjà connu. Ce mode mental se décline sur 6 dimensions ne laissant aucune place à la nuance, à la prise de recul, à la curiosité, à la souplesse, à la réflexion logique et à l’opinion personnelle. Vous comprendrez donc aisément que ce territoire est au coeur de nos idées reçues, de nos croyances, de nos pensées dichotomiques, de nos discours peu nuancés et influencés par l‘image sociale. Et quand il s’agit des régimes, notre cerveau limbique encore appelé notre « faux-ami » fonctionne à tout va : « maigrir ce n’est qu’une affaire de volonté … les graisses font grossir, je dois toutes les supprimer … au moindre écart, mon régime est foutu … c’est le stress qui me fait prendre du poids »

Changer de comportement alimentaire de manière durable, s’engager dans une perte de poids est une aventure complexe et incertaine qui nécessite donc la sollicitation de notre cerveau préfrontal qui lui enclenche le mode mental adaptatif encore appelé Mode Mental préfrontal « MMP », qui nous permet la prise de recul, les discours nuancés, de faire preuve de relativité, de curiosité et surtout où notre opinion personnelle primera sur l‘image sociale et qui nous permet donc littéralement de « combattre les idées reçues« .

Si dans ce type de situation, nous n’arrivons pas à faire ce que l’on appelle « la bascule » du mode mental automatique vers le mode mental adaptatif alors notre cerveau reptilien cette fois-ci nous envoie un signal d’alarme qui n’est autre que le stress ! Le stress n’est donc finalement pas un ennemi à combattre mais un messager qui nous signale que nous ne fonctionnons pas sur le bon mode et que si nous souhaitons mener notre projet à bien, il serait préférable d’opérer cette bascule vers notre cerveau préfrontal afin d’avoir tout le recul nécessaire pour appréhender cette situation complexe qu’est l’entreprise de la perte de poids.

Voilà donc un pré-requis indispensable à la mise en route d’un programme minceur : la bascule du mode mental automatique de notre cerveau limbique vers le mode mental adaptatif de notre cerveau préfrontal. Il exerce différents exercices qui permettent de réaliser cette bascule et d’apprendre à la faire  lorsque des situations complexes et inconnues se présentent à nous. Comme l’exercice physique l’est au corps, ces exercices que l’on appelle GMM = gestion des modes mentaux, demandent de l’entrainement et une pratique quotidienne afin qu’ils puissent porter leur fruit. La GMM a été développée par le Dr Jacques Fradin et son équipe de l’IME, elle permet d’une part d’avoir une appréhension bien différente de celle que l’on a classiquement du stress et d’autre part de manier la bascule avec  aisance lorsque le stress nous envahit. Ce sont donc des exercices que l’on fait réaliser à certains patients sujets au stress où dont la stressabilité sur certains sujets est importante que ce soit dans le cadre d’une perte de poids ou de manière beaucoup plus générale dans leur vie professionnelle ou privée.

Si vous vous trouvez dans une situation qui vous stresse, prenons le cas d’un régime alimentaire, vous pouvez réaliser ce que l’on appelle une auto-évaluation préfrontalisante qui permet donc de faire naturellement la bascule du mode mental automatique vers le mode mental adaptatif : elle consiste à explorer les 6 dimensions de chacun de ces 2 modes mentaux qui s’opposent 2 à 2 :

  • routine, néophobie VS curiosité, ouverture :
    • « je finis toujours mon repas par un fruit … je suis obligée de commencer ma journée par un petit-déjeuner … » VS  » Je suis curieuse de découvrir une nouvelle façon de s’alimenter »
  • refus, rigidité, non acceptation, persévérance VS souplesse, acceptation
    • « tout doit se dérouler exactement comme je l’ai imaginé, impossible de concevoir de modifier un repas par un autre… on dit qu’il ne faut pas sauter de repas alors je m’y tiens coute que coute … a chaque fois que je fais un régime je reprends du poids par la suite, mais je finis toujours par m’y remettre … » VS « j’arrive à m’adapter à un changement de programme imprévu, si je n’ai pas faim alors je sauterai tel ou tel repas »
  • dichotomie, simplification, dualité VS nuances
    • « si je veux trouver l’âme soeur je dois perdre ses 10kg… ces aliments font grossir et ceux-ci font maigrir » VS  » est-ce que tout est aussi tranché, les graisses sont-elles vraiment les seules responsables de mon problème de surpoids, toutes les graisses ? … vais-je vraiment finir ma vie seule si je n’arrive pas à perdre ces kilos ? »
  • certitudes, sensation de réalité VS relativité, prise de recul :
    • « pour maigrir il faut faire un régime, il ne faut pas sauter de repas, il faut arrêter de manger du gras … » VS « est ce que c’est vrai pour toutes les graisses ? Le petit déjeuner est-il obligatoire pour tout le monde ? existe-t-il un seul et unique modèle alimentaire idéal ? et ces kilos en trop n’ont-ils que du négatif ?
  • empirisme, focalisation sur les résultats VS réflexion logique, rationalité :
    •  » ce régime a marché sur ma copine, il marchera forcément sur moi … si elle a réussi à perdre du poids avec cette méthode alors, ça sera pareil pour moi … » VS  » testons ce qui fonctionne sur moi et ne fonctionne pas … essayons de comprendre comment mon corps fonctionne, comment ma tête et mon coeur réagissent à tel ou tel changement alimentaire »
  • image sociale VS opinion personnelle, individualisation :
    • « toutes mes copines font ce programme, alors je dois faire comme elles … si je ne perds pas du poids, les autres vont penser que je suis paresseuse et que je ne prends pas soin de moi … je ne peux pas manger en public un hamburger, les gens vont penser que si j’ai du poids à perdre c’est parce que je me goinfre à longueur de journée… » VS  » Je décide pour moi ce qui est bon de faire et non par rapport au regard des autres … j’assume mon mode alimentaire car il me correspond et ce même si il ne convient pas à mon entourage… j’affirme mes choix sans agressivité »

C’est ce type d’auto-évaluation que l’on fait réaliser en début de protocole ou en cours de ce dernier,  afin d’évaluer le niveau de stressabilité de chacun de nos patients vis à vis de leur alimentation, notamment avec l’échelle d’évaluation des modes mentaux « EEMM » adaptée aux troubles du comportement alimentaire et à la psychonutrition. Il existe également une échelle d’évaluation des stratégies adaptatives « EESA » qui permet d’évaluer le mécanisme de la bascule dans d’autres situations de la vie courante pouvant générer du stress.  Ces échelles ont été élaborées par l’IME et l’équipe du Dr Jacques Fradin.

Aussi, avant de mettre en oeuvre un changement durable de comportement alimentaire, il est important d’adopter l’attitude qui permettra de mener à bien cette ambition. Car finalement l’ambition se résume -t-elle à un désir puissant de réussite, à une pensée positive et au célèbre adage « si on veut, on peut ! » ? Ou alors l’ambition devrait-elle se construire, s’anticiper, nécessiter un plan d’action ? Il semblerait qu’il y ait dans l’ambition un peu des 2 mais surtout de la seconde partie qui nécessite la sollicitation du mode mental adaptatif. Un exercice intéressant à réaliser avant de s’engager dans un projet avec une ambition certaine est celui de la « pyramide moyens-exigences« . Le but étant de vérifier si sa pyramide a une base de moyens suffisamment importante comparée à son sommet correspondant aux exigences. Plus nous utilisons notre l’énergie à élargir notre base de moyens et plus nous prenons du recul avec nos exigences et plus notre pyramide sera stable et nous permettra de mettre en oeuvre une vraie ambition.

    L’intelligence du Stress, Dr Jacques Fradin

 

A titre d’exemple, si mes exigences sont de perdre 10kg en 1 mois et que mes moyens se résume à ma simple ambition d’y arriver, je me trouve avec une pyramide inversée qui ne me permettra sans doute pas d’atteindre mon objectif. Au contraire si je revois mes exigences avec la relativité du mode mental adaptatif, je souhaite donc perdre du poids mais sans m’imposer de dead line et sans m’imposer de poids fétichisé, le sommet de ma pyramide se rétrécit alors qu’en parallèle j’utilise toute mon énergie, ma réflexion, ma curiosité afin d’élargir mes moyens, en contactant un professionnel afin qu’il m’accompagne dans ma démarche par exemple, en m’inscrivant à des cours de cuisine, en contactant une amie afin d’aller faire du sport avec elle. J’ai donc une base de moyens plus large et ma pyramide moyens/exigences se trouve dans la bonne configuration.

Il existe de nombreux autres exercices de GMM développés par le Dr Jacques Fradin et son équipe, que nous réalisons dans le cadre d’une consultation de psychonutrition, mais je tenais à vous présenter celui-ci qui me semble indispensable en préambule de toute démarche de perte de poids.

SI vous souhaitez approfondir vos connaissances sur le sujet du stress, je vous invite à découvrir l’ouvrage du Dr Jacques Fradin, « l’intelligence du stress » aux éditions Eyrolles. Ayant suivi le diplôme universitaire PPCA Psychologie et Pédagogie des conduites alimentaires à l’université de médecine et de pharmacie de Dijon dont le Dr Fradin est le directeur pédagogique, je peux vous dire que ce livre m’a été d’une grande utilité, je le recommande donc à tout professionnel de santé qui propose une prise en charge intégrative à sa patientèle en tenant compte de la composante psychologique et de la gestion du stress de chacun de ses patients.

Pour le grand public, à la recherche de perte de poids durable et donc souhaitant comprendre comment il fonctionne, je vous recommande l’ouvrage « maigrir intelligent » des Dr Didier CHOS et Laurence Bénédetti, dans lequel les concepts du Dr Fradin sont repris et simplifiés.

Et n’oubliez pas de laisser parler votre préfrontal !

 

à votre santé, Anna POTTER

 

 

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