Souffrez-vous du troubles fonctionnels intestinaux ? Le Syndrome de l’Intestin Irritable SII et la Micronutrition

Souffrez-vous du troubles fonctionnels intestinaux ? Le Syndrome de l’Intestin Irritable SII et la Micronutrition
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Vous souffrez de douleurs abdominales, de troubles du transit, de ballonnements, de digestion difficile, de brûlures à l’estomac ? Vous faites peut être partis de ces individus qui font l’objet d’un des plus fréquents motifs de consultation que cela soit en médecine générale, en consultation chez le gastro-entérologue, qu’en consultation de Micronutrition, ce motif étant la plainte digestive. Regroupés sous le terme de troubles fonctionnels digestifs, il existe plusieurs catégories de troubles regroupés +/- par organe ( oesophage, estomac, vésicule biliaire, intestins, rectum …)

Les troubles fonctionnels intestinaux, les fameux TFI sont ceux qui nous intéressent particulièrement dans ce post, ils se caractérisent par la présence :

  • de douleurs abdominales régulières
  • de ballonnements réguliers
  • de troubles du transit régulier

Concernant les troubles du transit, les TFI peuvent être à prédominance constipation ou à prédominance diarrhée ou alors présentés une alternance diarrhée/constipation. La prise en charge notamment concernant la prescription de probiotiques, sera alors bien différente et les souches de probiotiques sélectionnées, adaptées à chaque tableau.

Le Syndrome de l’Intestin irritable « SII », correspond à des douleurs et/ou un inconfort abdominal récurrent, plus de 3 jours par mois, ces douleurs étant améliorées ou non par la défécation, associées ou non à la modification de la fréquence des selles et associées ou non à la modification de la consistance des selles (moulées, non moulées,  liquides, pâteuses …).

Les patients présentant un SII ont donc des douleurs d’une part sans stimulus, on parle d’allodynie et d’autre part plus importantes pour le même stimulus également présent chez un patient sain, on parle alors d’hyperalgésie. Ces patients peuvent présenter un profil stressé et revendicateur avec une étiquette de « colopathe » et ce à tord car c’est avant tout le défaut de leur prise en charge qui est encore aujourd’hui insatisfaisante qui déclenche cet état. De plus, on sait aujourd’hui que l’intestin joue le rôle de second cerveau (à mon sens même, il devrait être considéré comme le premier !) : pour 1 seule fibre qui descend vers les intestins, 9 messages afférents vont de l’intestin vers le cerveau, alors nous devrions prendre du recul sur cette notion de troubles digestifs psychosomatiques. Les perturbations de l’interface digestives ont des répercussions à distance et il est très clair aujourd’hui que l’inflammation périphérique engendre une neuroinflammation responsable de troubles de l’humeur, entre autre.

 

intestin

 

Les troubles fonctionnels intestinaux et la consultation de Micronutrition

La Micronutrition propose donc une prise en charge globale en s’intéressant à l’ensemble de l’interface digestive et en s’interrogeant sur l’éventuelle présence d’une dysbiose (déséquilibre du microbiote intestinal), d’une inflammation de bas grade ou de haut grade, d’une hyperperméablité intestinale « HPI ».

Grâce à différents questionnaires fonctionnels ( QMS, QVD, DDM, le score composite de FRANCIS/score de sévérité du SII notamment), une dysbiose, une inflammation, une dysimmunité et une HPI pourront être mises en évidence et éventuellement objectivées par des bilans biologiques spécifiques si besoin (le B3I par exemple « Bilan Immuno Inflammatoire Intestinal« , le dosage de la LPS « LipoPolySaccharide Binding Protein…).

Le but de la consultation étant de faire un recueil précis de tous les signes fonctionnels présentés par le patient que ceux-ci soient digestifs ou extra-digestifs afin de les hiérarchiser et de pourvoir proposer une prise en charge adaptée en tenant compte du tableau clinique présenté par chaque patient. Pour ce faire, nous utilisons donc les questionnaires fonctionnels de première et de 2ième génération proposés et créés par l’IEDM.

Les bilans biologiques peuvent être utiles mais ne doivent être prescrits qu’en dernier recours lorsque l’interrogatoire clinique n’a pas permis d’apporter une réponse satisfaisante à un interrogation soulevée. Ces bilans biologiques spécifiques n’étant pas remboursés, la plus grande parcimonie est de rigueur. Il faut donc se méfier de la prescription systématique de bilans d’intolérance alimentaire réalisés sur plus d’une centaine d’aliments et qui ne mènent pas à grand chose si ce n’est à des régimes d’éviction très sévères sans réellement prendre en charge le problème de fond.

flore intestinale

Les solutions aux troubles fonctionnels intestinaux, proposées par la Micronutrition

En fonction du tableau présenté par chaque patient, des protocoles de prise en charge sont proposés, ils associent de manière individualisée et adaptée :

  • un modèle alimentaire adapté
    • classiquement c’est le modèle d’épargne digestive qui sera proposé
      • celui-ci sera à suivre de manière plus ou moins stricte
      • chaque patient adaptera l’évitement de tel ou tel aliment en fonction de ses propres symptômes, de leur évolution et de sa biologie.
    • le modèle d’épargne digestive sera suivi de manière plus stricte au cas par cas et en fonction du niveau d’inflammation, il sera alors complété par un modèle alimentaire supprimant les aliments dits « complices » pendant 1 durée variable :
      • gluten (voir liste indicative et non exhaustive des aliments contenant du gluten) : toujours à adapter à chaque patient
      •  FODMAP  (à aborder avec beaucoup de prudence et ne surtout pas tomber dans le piège des régimes sans fodmap engendrant l’éviction de centaines d’aliments et donc à l’origine de très nombreuses carences):
        • Fermentescibles
        • Oligosaccharides (fructanes, galactic-oligosaccharides)
        • Dissaccharides (lactose)
        • Monosaccharides (fructose, glucose)
        • Polyols (sorbitol, mannitol, xylitol, maltitol)
  • une complémentation sur mesure composée de :
    • probiotiques (dont les souches seront très minutieusement sélectionnées) qui permettront de traiter la dysbiose et de revenir à un état d’eubiose du microbiote intestinal :
      • certains probiotiques ayant un profil Th1 (immunostimulant)
      • d’autres probiotiques ayant un profil Treg (immunorégulateur)
      • d’autres encore ayant un profil anticandida
    • prébiotiques (fibres alimentaires servant de substrats aux bactéries) qui seront prescrites avec la plus grande prudence et en fonction de la tolérance de chaque patient
      • les fructanes : inuline et fructo-oligosacchardides « FOS » (ces derniers sont moins bien tolérés et peuvent s’avérer très irritables chez les individus déjà « irrités ») obtenus à partir de l’extraction de la racine de chicorée
      • les dextrines obtenues à partir de l’hydrolyse des amidons, synthétisé par le chauffage de la fécule de maïs dans certaines conditions, qui présentent une meilleure tolérance digestive que les FOS
    • cobiotiques, cette nouvelle catégorie étant principalement constituée de polyphénols ayant une action positive sur notre microbiote dominant notamment sur les bifidobactéries et les lactobacilles :
      • en exemple, nous pourrions citer parmi ces polyphénols aux nombreuses autres propriétés positives : le resvératrol issu du raisin et la grenade qui est un meilleur antioxydant (je parle du fruit entier et pas des jus à base de grenade)
      • Ces nouvelles molécules dites cobiotiques ont donc des propriétés qui vont au-delà de leur pouvoir anti-oxydant, en modulant le microbiote.
    • micronutriments ayant une action cicatrisante sur la muqueuse intestinale comme la glutamine, le zinc mais aussi la vitamine A et le thé vert

immunite

La Micronutrition par son approche spécifique, permet une prise en charge globale des troubles fonctionnels intestinaux et ce quelle que soit leur intensité. Le but étant d’investiguer l’ensemble de l’interface digestive en s’intéressant à la fois aux problèmes de dysbiose, d’inflammation, de perturbation du système d’immunitaire et d’hyperperméabilité intestinale. Un modèle alimentaire adapté et personnalisé à chaque patient ainsi qu’une complémentation sur mesure (car je vous rappelle qu’il est peu utile de réaliser des évictions alimentaires si les problèmes d’hyperperméabilité intestinale notamment ne sont pas pris en charge) permettent d’obtenir de bons résultats et ce sur la durée, nous sommes donc bien loin de la médecine symptomatique classique qui prend

en charge les signes fonctionnels en aigu mais ne s’intéresse pas à leurs origines. Gardons à l’esprit que notre système digestif n’est aujourd’hui plus cantonné à un simple rôle d’assimilation digestive des nutriments et des micronutriments, il est désormais placé au coeur de notre santé et ce à juste titre.

à votre santé,

Micronutritionnemment votre, Anna POTTER

 

DISCLAIMER : Ce billet comme tous ceux que vous trouverez sur le blog, contient des informations en matière de micronutrition et de nutrition santé. Il ne se substitue en aucun cas à une consultation. Seuls des médecins et des pharmaciens formés à la Micronutrition pourront au cours d’une consultation vous proposer une prise en charge personnalisée en tenant compte de votre état de santé. Ils pourront alors compléter ces informations et vous proposer une alimentation adaptée et une complémentation sur mesure.
Le Blog de la Micronutrition 2.0 et son propriétaire dégagent toute responsabilité concernant les conséquences qui découleraient d’une utilisation abusive ou non des informations qui sont contenues dans cet article.  Une auto-médication dans le domaine des micronutriments peut s’avérer dangereuse et toxique, demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien formés à la Micronutrition. Afin de trouver un professionnel de santé spécialisé en Micronutrition, contactez  l’IEDM.

 

 

 

 

 

 

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