fibromyalgie

Fibromyalgie et Micronutrition

Fibromyalgie et Micronutrition
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  • Ne nourrissez plus votre douleur

  • Micronutrition et fibromyalgie : les pistes de traitement

  • Denis Riché, préface Dr Didier Chos

  • La fibromyalgie, une maladie rhumatologique, psychiatrique ?

La Fibromyalgie est une pathologie en plein expansion, aujourd’hui plus de 2 millions de Français souffre de cette pathologie qu’on a encore du mal à identifier et à diagnostiquer tant son expression est variable d’un patient à l’autre, associant des douleurs sur des zones anatomiques et musculaires bien précises sans support lésionnel et l’apparition d’autres plaintes d’une très grande diversité allant des troubles digestifs aux céphalées en passant par la dépression dont certains ont un caractère inflammatoire.

Difficile à catégoriser, comme on le fait généralement en médecine, la fibromyalgie ne correspond à aucune spécialité médicale et on se retrouve en échec thérapeutique, ballotant le patient entre rhumato et psychiatre. Aujourd’hui il est indispensable de voir le corps dans son ensemble et de ne plus segmenter la prise en charge d’une pathologie et surtout de bien garder à l’esprit que l’origine de nombreux troubles est d’origine immunitaire et donc dépend de notre interface digestive (siège de 70% de notre immunité), pour être encore plus précise, de notre microbiote et de la qualité et de l’intégrité de la muqueuse intestinale. La compréhension des mécanismes entrainant une dysbiose et une hyperperméabilité intestinale permet d’expliquer et de prendre en charge de nombreuses pathologies qu’on pourrait à tord assimiler à des pathologies dermatologiques, allergiques, psychiatrique ou autres …

  • Fibromyalgie et Micronutrition

    • La consultation de Micronutrition

      • La Micronutrition permet d’étudier les différents mécanismes mis en jeu dans la douleur fibromyalgique et d’expliquer la cause des symptômes exprimés par chaque patient. Cette approche propose une alternative à la prise en charge classique dont les résultats sont décevants, il s’agit alors de prioriser la prise en charge du patient en établissant une stratégie thérapeutique comprenant une complémentation minimale efficace en hiérarchisant les informations obtenues au cours de l’interrogatoire clinique ainsi que par les bilans biologiques. En effet, il est peu probable qu’un déficit en vitamine D soit à corriger en priorité chez le patient fibromyalgique, ce déficit étant régulièrement retrouvé chez des sujets sains. Le but de la consultation de Micronutrition sera de comprendre quelles sont les molécules qui interviennent dans l’apparition des symptômes et la manière dont on va pouvoir moduler leur action.
      • Au coeur de la prise en charge, se trouve donc l’étude du microbiote, la mise en avant d’une éventuelle dysbiose et notamment la colonisation par le Candida Albicans que l’on retrouve fréquemment chez le patient atteint de fibromyalgie. Cette mycose à Candida a été retrouvée chez 66% de la patientèle fibromyalgique de Denis Riché qui a eu l’occasion de suivre plus de 200 patients atteints de fibromyalgie. Il est donc intéressant d’aller rechercher le Candida chez le patient atteint de fibromyalgie.
      • Le recueil des signes fonctionnels par le biais des questionnaires fonctionnels créés par l’IEDM (QVD,DDM, DNS, QMS, QAF, QA), leur hiérarchisation, permettront de mettre en avant certaines hypothèses (confirmées par une biologie spécifique si besoin) qui seront à l’origine d’une stratégie nutritionnelle spécifique et individualisée.
    • la douleur fibromyalgique

      • les molécules intervenant dans les mécanismes de la douleur (la nociception) sont bien connues, nous retrouvons :
        • d’une part, les molécules amplifiant la douleur : GLUTAMATE et SUBSTANCE P, avec intervention des récepteurs NMDA
        • d’autre part, les molécules modulant la douleur : GABA, encéphalines (endorphines) et enképhalines avec intervention des récepteurs opioïdes.
      • la sérotonine et son précurseur le tryptophane (qui est un acide aminé essentiel) ont également un rôle dans ces mécanismes algiques. A noter que la sérotonine intervient également dans la gestion du stress et la stabilité de l’humeur; On retrouve régulièrement des sérotonine très basses chez les patients fibromyalgiques. Il faudra donc explorer les raisons de ces déficits et ne pas se limiter à optimiser les apports en tryptophane (réfléchir aux différents mécanismes de dérivation du tryptophane comme la constipation, l’inflammation, la détoxication hépatique …)
      • En psychiatrie, considérée comme discipline étiologique par excellence (à tel symptôme correspond tel diagnostic s’appuyant sur le DSM IV), on serait donc tenté de se limiter à l’étude de ces molécules qui appartiennent aux structures cérébrales.
      • En Micronutrition, la vision plus globale de l’individu et de ses symptômes ainsi que la recherche de la cause entraînant l’apparition de tel ou tel symptôme, nous amène à nous interroger sur l’existence de molécules d’origine différente (origine intestinale) qui viendraient perturber la modulation de la nociception. Ces molécules pouvant avoir une origine alimentaire (peptides dérivés de la caséine, du gluten, des viandes trop cuites)  ou microbienne (toxines produites par le Candida albicans par exemple)
  • fibromyalgie
    • L’écosystème intestinale et l’hyperperméabilité intestinale

      • Notre écosystème intestinal est composé de
        • la muqueuse intestinale
          • La muqueuse intestinale est une surface d’échange extrêmement importante représentant la surface d’un terrain de tennis soit plus de 300m2 ! De plus cette muqueuse est constituée d’une seule et unique couche de cellules (entérocytes) ce qui accroît les risques de brèches.
          • On note également l’importance du mucus recouvrant cette muqueuse, le glycocalyx qui assure une protection supplémentaire. 
        • la flore intestinale = microbiote
          • composée de sous-flores : dominante, sous-dominante et de passage
          • nous avons tous une microbiote unique, on parle de métagénome (en référence en génome pour l’ADN)
          • il existe un équilibre entre ces 3 flores qu’on nomme eubiose, en cas de déséquilibre on parle de dysbiose.
        • les cellules immunitaires
          • 70% de nos cellules immune-compétentes (les globules blancs) se trouvent dans nos intestins.
          • les bactéries de notre microbiote, ont la capacité de synthétiser des médiateurs chimiques appelés cytokines qui vont pouvoir interagir et moduler la réponse immunitaire en gardant en tête les 2 notions capitales de notre immunité : défense et tolérance qui doivent être équilibrées avec le doigté d’un chef d’orchestre.
      • Un intestin trop perméable (on parle alors d’hyperperméabilité intestinale) laisse passer des molécules (des peptides) qui vont pouvoir interagir avec certains récepteurs (et ce à distance) perturbant de nombreuses réactions comme les mécanismes d’apparition de la douleur dans le cas de la fibromyalgie. L’intestin est également le siège de plus de 70% de notre immunité, regroupant de très nombreuses cellules immune-compétentes, on comprend alors son importance dans la prise en charge de pathologies auto-immunes mais pas que …
      • L’intestin contient plus de neurones que notre moelle épinière, il est capable de synthétiser des neuromédiateurs tout comme le cerveau et pour 1 fibre nerveuse afférente, 9 vont elles de l’intestin vers le cerveau, encore un lien à faire entre perturbation de l’écosystème intestinal et les pathologies psychiatriques …
      • Voilà plusieurs raisons (qui se veulent non exhaustives par soucis de simplification) qui font de notre intestin notre second cerveau : expression à la mode aujourd’hui et connue du grand public mais  je crains malheureusement qu’elle soit utilisée sans vraiment être comprise tant les relations sont complexes et l’étude de notre système immunitaire fastidieuse (même si je reconnais adorer mener ce genre de réflexion)
      • L’intestin a donc un rôle central dans de très nombreuses pathologies et la vision réductrice classique en gastro-entérologie doit évoluer avec ces nouvelles données afin de ne pas catégoriser les patients exprimant des douleurs abdominales sans lésion, au rang des patients psychiatriques !
      • Comprendre les mécanismes qui ont lieu dans l’intestin c’est comprendre l’origine de la douleur retrouvée dans la fibromyalgie (entre autre)
    • les stratégies nutritionnelles pouvant être proposées en Micronutrition

      • dépister et traiter la perméabilité intestinale
        • cicatriser la muqueuse intestinale
          • mise en place d’un modèle d’épargne digestive et complémentation par des prébiotiques (fibres servant de substrats aux probiotiques) et des cicatrisants intestinaux comme la glutamine qui sert notamment de carburant aux entérocytes, sans oublier l’intérêt du zinc dans les processus de cicatrisation tissulaire.
          • les aliments riches en certaines catégories de polyamines (spermine et spermidine) vont améliorer la cicatrisation intestinale : on retrouve ces polyamines dans le poulet et les champignons notamment. Certaines légumineuses sont riches en polyamines mais il faudra d’abord s’assurer de leur tolérance digestive sur un intestin potentiellement irritable avant de les introduire dans le modèle alimentaire.
          • à l’inverse d’autres catégories de polyamines contenant de la cadaverine et de la putrescine, seront à limiter pendant une certaine période : citons les kiwi, les agrumes, les prunes, les pruneaux…
      • limiter les molécules d’origine alimentaire capable de se comporter comme des antigènes ou d’aller interagir avec nos nocirécepteurs. Ces évictions et leur niveau de sévérité seront discutées au cas par cas avec chaque patient au cours d’une consultation de Micronutrition
        • l‘éviction du gluten :
          • s’impose même si les tests d’intolérance alimentaire ne montrent pas d’IgG.
          • d’autant plus qu’il existe des réactions croisées entre gluten et candida et que des peptides dérivés du gluten peuvent interférer avec les récepteurs opioïdes.
          • Cette éviction pourra s’avérer difficile (action des glutomorphines) d’autant que la sérotonine sera perturbée et nécessitera une prise en charge particulière proposée par votre thérapeute.
          • cette éviction doit être rigoureuse sans basculer dans l’absurde rigidité proposée par certaines associations d’intolérant au gluten (allant jusqu’à traquer les traces de gluten dans l’enveloppe de certains médicaments !)
          • la durée de ce régime d’éviction sera choisi par votre thérapeute en fonction de l’évolution de vos symptômes et de leur amélioration bien entendu.
          • je vous propose de découvrir la liste des 10 aliments pauvres en gluten dans cet article en cliquant ICI.
        • l’éviction des produits laitiers
          • notamment ceux à base de lait de vache
          • les laitages à base de lait de chèvre présentant moins de réactions
        • je rappelle toutefois qu’il est illusoire de croire que la mise en place de régime d’éviction permettra de résoudre le problème de fond. Il faut en effet avoir comme priorité la cicatrisation de la muqueuse intestinale et la modulation du système immunitaire.
        • les régimes d’éviction pourront ainsi n’être qu’une étape de la prise en charge et non pas menés « bêtement » à vie au risque de développer de nouvelles intolérances en ayant laissé de coté les problèmes d’hyperperméabilité intestinale !
      • mettre en évidence le Candida albicans (ou tout autre super antigène comme l’Herpès, le CMV, le Staphylocoque doré) et potentiliser et moduler le sytème immunitaire afin qu’il ne puisse pas nuire à notre état de santé
        • modèle alimentaire anti-candida (établi par Grégoire Cozon)comprenant entre autres les mesures suivantes :
          • éviter les moisissures : les fruits secs non bio, les fruits trop murs,
          • attention à certains légumes et fruits BIO
          • éviter les produits riches en sucres raffinés
          • prise de probiotiques anti-candida
        • modulation du sytème immunitaire grâce des souches de probiotiques choisis par le thérapeute en fonction de l’histoire de chaque patient.
        • traiter la dysbiose
      • en cas d’échec thérapeutique, envisager d’étudier la piste des intoxications aux métaux lourds. 

La fibromyalgie présente un tableau clinique compliqué qui est toutefois relativement homogène d’un patient à un autre (travail de compilation de plus de 200 patients atteints de fibromyalgie réalisé par Denis Riché) qu’il faut savoir interpréter et comprendre afin de proposer une prise en charge globale, personnalisée et efficace à chaque patient souffrant de fibromyalgie et d’arrêter de le trimballer médecins spécialistes en médecins spécialistes !

Un professionnel de santé ayant cette expertise en Micronutrition, pourra vous proposer ce type de prise en charge et tenir compte de l’ensemble de vos symptômes en menant une réflexion au coeur de vos cellules et principalement au coeur de votre écosystème intestinal.

Gardons à l’esprit que chaque patient est unique, que les résultats et la rapidité de l’amélioration des symptômes ne peuvent être prédits à la semaine près et qu’il ne faut surtout pas oublier la composante psychologique à partir de laquelle aurait pu se déclarer la fibromyalgie et donc l’intérêt d’une prise en charge pluridisciplinaire.

Si cet article a suscité en vous un intérêt certain et réveillé des questions supplémentaires, je vous invite fortement à lire l’ouvrage de Denis Riché à partir duquel j’ai réalisé ce post. C’est une mine d’informations validées scientifiquement qui apporteront des réponses aussi bien aux patients qu’aux professionnels de santé désireux de modifier leur approche de la fibromyalgie. « Ne nourrissez plus votre douleur, Micronutrition et fibromyalgie » à lire absolument !

DISCLAIMER : Ce Billet comme tous ceux que vous trouverez sur le blog, contient des informations en matière de micronutrition et de nutrition santé. Il ne se substitue en aucun cas à une consultation. Seuls des médecins et des pharmaciens formés à la Micronutrition pourront au cours d’une consultation vous proposer une prise en charge personnalisée en tenant compte de votre état de santé. Ils pourront alors compléter ces informations et vous proposer une alimentation adaptée et une complémentation sur mesure.
Le Blog de la Micronutrition 2.0 et son propriétaire dégagent toute responsabilité concernant les conséquences qui découleraient d’une utilisation abusive ou non des informations qui sont contenues dans cet article.  Une auto-médication dans le domaine des micronutriments peut s’avérer dangereuse et toxique, demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien formés à la Micronutrition. Afin de trouver un professionnel de santé spécialisé en Micronutrition, contactez  l’IEDM.

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2 commentaires sur “Fibromyalgie et Micronutrition

  1. Bonjour Anna! Je te suis sur Youtube et je viens de regarder ta vidéo, ce qui m’a amené ici lol, je suis très heureuse de te lire, (je ne suivais pas ton blog mais par contre je sens que celui ci va devenir mon nouveau point de rendez vous ! ). J’ai quelques questions et peut être quelques pistes de recherche pour toi. Déjà pour le virus HS1/2 si jamais le patient est positif, que faite vous du coup ? Je n’avais jamais entendu cela, il y a quand même des solutions ? Est-ce systématique cette association Herpès-problème de perméabilité ?

    Ensuite, je voulais te demander si tu avais eu beaucoup de patient fibromyalgique et si c’est le cas est-ce que dans l’interrogatoire il ressort une vie « lourde d’événements négatifs » ? Je ne connais pas beaucoup cette maladie il faut que je fasse quelques recherches mais en lisant une chose m’est venue à l’idée, en consultation douleur chronique (je suis en dentaire donc c’est uniquement de la sphère orofaciale) on a des patients avec des douleurs neuropathiques (douleurs mais non objectivable cliniquement) souvent ils ont toujours un passé de dingue avec énormément de choses négative, la prof qui m’encadre suppose que le stress accumulé, les épreuves rendent le système nerveux sensible et parfois l’altère à tel point qu’il n’arrive plus à se « désactiver » et qu’il renvoi un message erroné au cerveau. Là où je veux en venir c’est que parfois dans ces patients il y en a qui sont fibromyalgiques, donc est-ce que cette fibromyalgie ne serait pas aussi lié à celà c’est pour ça que j’aurais aimé savoir si tes patients fibro avait un passé plutot « stressant » (c’est souvent des femmes battues, des femmes qui ont du élevé seule leur enfant, des gens qui ont subit beaucoup de décès, de maladie dans leur famille ou pour leur propre compte, des gens qui ont été torturés, violés, ect) et dans les pistes pour toi et tes patients, et bien on a d’assez bon résultat en remettant les gens au sport ou bien à une activité de loisirs les patients disent « je n’ai plus mal que je marche, ou quand je fais du tricot », ect, deuxième chose qui fonctionne pas mal c’est l’hypnose médical, ma prof en fait, alors je sais pas si ça peut marcher aussi pour les patients fibromyalgique et je sais pas si des gens ont déjà essayé mais c’est une piste à explorer ! En tout cas je suis très contente de te lire car je t’avoue que ça m’a démangé d’en savoir un peu plus sur tout ces beaux « titres de DU » lol, j’espère que tu continueras de partager tes connaissances !

    1. le stress est une des composantes importantes de cette pathologie comme de nombreuses autres d’ailleurs. Le stress chronique perturbe le système immunitaire de manière pernicieuse (il perturbe notamment l’action des Natural Killer) et un stress aigu plus intense est souvent à l’origine de réactivation virale comme d’autres types de chocs (thermique, vaccinal …) La prise en charge du stress et de la composante psychologique du patient est indispensable en cas de fibromyalgie, Deni Riché en parle d’ailleurs en conclusion de son ouvrage, il est très souvent capital de réaliser une prise en charge pluridisciplinaire associant Micronutritionniste et psychothérapeute car il est compliqué de travailler sur la douleur sans avoir travaillé sur les souffrances psychiques et émotionnelles.
      D’autre part la remise en mouvement est également un des piliers de la prise en charge proposée en Micronutrition, on s’occupe de l’hygiène alimentaire, de l’hygiène psychique et de l’hygiène sportive, la triade d’un état de santé optimal.
      Je pense que concernant la douleur, il faut avant tout s’interroger et réfléchir sur l’interface digestive, l’intégrité de la muqueuse intestinale, l’équilibre du système immunitaire et les éventuelles dysbioses et non pas se concentrer sur le système nerveux en lui-même.
      Pour ce qui est de l’hypnose j’en ai beaucoup entendu parlé et ce dans différents domaines, j’ai d’ailleurs moi même tenté l’expérience mais ai été très déçue sans doute du au mauvais choix du thérapeute.
      Merci en tout cas pour ton commentaire extrêmement intéressant.
      au plaisir de te lire

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