STRESS SURMENAGE ET BURN-OUT

STRESS SURMENAGE ET BURN-OUT
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Du stress au BURN OUT

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Le stress en psychologie

Le stress est un concept psychobiologique, il s’agit de la réponse d’un organisme à une agression, cette réaction étant physiologique, archaïque et autonome, avec pour but de préserver la vie « de l’animal en danger de mort » (les états de fuite, lutte, inhibition de Laborit)

L’Approche Neurocognitive et Comportementale a défini 4 territoires cérébraux qui nous permettent de mieux comprendre la genèse du stress et son rôle :

  • le territoire reptilien
    • gère la survie individuelle
    • c’est dans ce territoire que nait le stress
  • le territoire paléo-limbique
    • gère la survie dans le groupe
    • centre du position grégaire, de l’affirmation de soi, de la confiance en soi, de l’estime de soi
  • le territoire néo-limbique
    • il s’agit du territoire qui gère les situations simples et connues
    • on parle de mode mental automatique
    • c’est le territoire de l’apprentissage, des personnalités (motivations primaires), des valeurs
  • le territoire préfrontal
    • il s’agit du territoire qui gère les situations complexes et inconnues
    • on parle alors de mode mental adaptatif

Le stress apparaît donc dans le reptilien lorsqu’une situation complexe et inconnue est gérée maladroitement par le néo-limbique qui ne sait que gérer les situations simples et connues. Le préfrontal se rend compte de ce mauvais aiguillage et envoie un signal au reptilien pour que celui-ci déclenche un stress.

On réalise donc que le stress n’est finalement pas un ennemi mais bien un « ami » car il nous signale que nous n’utilisons pas le bon mode mental pour faire face à une situation complexe et inconnue qui nécessite l’utilisation du mode mental adaptatif et donc la mise en jeu du territoire préfrontal. Des exercices spécifiques de gestion des modes mentaux, permet d’apprendre lors de situations générant du stress, d’apprendre à faire la bascule du mode mental automatique au mode mentale adaptatif.

En effet ces 2 modes traitent l’information de manière complètement opposée sur 6 dimensions

  • routine VS curiosité
  • persévérance VS souplesse
  • simplification VS nuance
  • certitudes VS relativité 
  • empirisme VS réflexion 
  • image sociale VS opinion personnelle

Il est donc primordial d’apprendre à faire la bascule dans toute situation où l’on ressent du stress afin de faire preuve de plus de curiosité, de souplesse, de nuance, de relativité, de réflexion et que notre opinion personnelle prévale sur l’image sociale que nous renvoyons. Finalement le stress n’est plus à fuir ou à combattre, mais à accueillir, accepter et à comprendre comme un signal d’alarme.

Le stress en neurobiologie et en micronutrition

Du stress au BURN-OUT

Il a été mis en évidence 3 phases du stress :

  • phase 1 : phase d’alarme
    • hyperproduction d’adrénaline au niveau de la médulosurrénale
    • augmentation parallèle de la noradrénaline
    • augmentation du cortisol
    • surconsommation de magnésium et fuite urinaire de magnésium
  • phase 2 : phase de résistance
    • augmentation de la sérotonine pour faire face puis diminution
    • diminution de la dopamine
    • augmentation toujours plus importante de cortisol
  • phase 3 : phase de chronicité, surmenage (puis bascule vers le BURN OUT)
    • le cortisol continue d’augmenter
    • la sérotonine et la dopamine s’effondre
    • puis décompensation et épuisement du cortisol

BURN-IN et BURN-OUT

Il y a donc une phase de surmenage, dite de BURN-IN ou pré BURN-OUT qui précède la phase de BURN-OUT qui est donc la phase terminale de décompensation.

En BURN IN, on a une hyperstimulation de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien avec :

  • une forte augmentation de la synthèse de cortisol = hypercortisolisme
    • hypothalamus : CRF
    • hypophyse : ACTH
    • surrénales : cortisol
  • une augmentation de la synthèse de DHEA
  • un ratio cortisol/DHEA normal avec une augmentation parallèle
  • les signes cliniques pouvant faire penser à un hypercortisolisme sont les suivants
    • prise de poids rapide
    • diminution de la libido
    • perte de cheveux, peau fines,
    • infections à répétition
    • dysménorrhées
    • perturbation du bilan biologique avec un pré-syndrome métabolique (augmentation des triglycérides, diminution du HDL, augmentation de la glycémie…)

En BURN-OUT, on a une décompensation avec une perte du Rétrocontrôle négatif et un épuisement des surrénales qui entrainent une chute du cortisol, de la DHEA et de la mélatonine notamment (d’où les troubles du sommeil). On retrouve donc une symptomatologie significative associant épuisement physique et psychique.

 

LE BURN-OUT

le BURN-OUT qu’est ce que c’est ?

Le BURN-OUT correspond à un état d’épuisement en lien avec un environnement de travail trop pressurisant et associé à une conception cynique de la valeur de son poste et un scepticisme quant à ses capacités à l’occuper (définition ANC, Dr Jacques Fradin). On retrouve les signes suivants :

  • perte d’efficacité
  • épuisement moral (dépression)
  • fort sentiment d’amertume vis à vis de son travail
  • désengagement et planification de départ de son travail

Le BURN-OUT entraine de nombreux troubles psychosomatiques tels que les syndromes dépressifs, les troubles du sommeil, les troubles cardiovasculaires, l’anxiété, les infections à répétition …

Les facteurs de vulnérabilité au BURN OUT

Il a été mis en avant dans le cadre de la recherche sur les thérapies neurocognitives et comportementales (l’approche neurocognitive et comportementale = ANC) qu’il existait certains facteurs de vulnérabilité au BURN-OUT à prendre toutefois avec recul car il ne s’agit pas de se sentir responsable ou la principale source de son propre mal-être.

le WORKAHOLIC = TRAVAILLOMANE

Ces facteurs de vulnérabilité, correspondent à un profil particulier que l’on a identifié comme étant celui du WORKAHOLIC ou encore « travaillomane ». L’individu travaillomane présente une addiction au travail qui repose notamment sur :

  • une incapacité à désengager sa pensée du travail même lors de temps de loisirs, de moments passés en famille
  • une tendance à accorder une proportion trop importante de temps à son travail au détriment de sa vie privée, familiale …
  • une propension à travailler de manière compulsive
  • un intérêt pour le travail centré sur une récompense matérielle ou sociale : reconnaissance, promotion, prime …
  • l’adoption de comportement correspondant à un standard défini par la société mais ne correspondant pas à l’individu lui même

Ce profil du WORKAHOLIC reporte un impact négatif de la vie au travail et sur la vie personnelle et de manière général engendre toujours plus d’insatisfaction dans la vie en générale.

LE WORK ENGAGEMENT = TRAVAILLEUR ENGAGE

A l’inverse de ce profil du workaholic, on retrouve le travailleur engagé, le work engagement. Ce profil prédispose à un accomplissement dans son travail et confère :

  • des capacités de résilience face aux situations difficiles
  • un sentiment d’implication entrainant enthousiasme et créativité
  • une capacité de concentration telle que l’on ne voit pas le temps consacré au travail

Ont été mises en évidence deux types de motivation bien différentes mises en jeu chez le workaholic et chez le work engagement : 

  • la motivation intrinsèque ou primaire 
    • c’est le simple fait de pratiquer l’activité en elle-même qui est motivante et satisfaisante
    • c’est donc un réel choix de la part de l’individu que de réaliser cette activité
    • l’individu pratique donc son activité de manière autonome
    • la motivation primaire se construit pendant l’enfance, il existe schématiquement 8 types de personnalités en motivation primaire dont j’aurai l’occasion de vous reparler.
    • c’est ce type de motivation que l’on retrouve chez le work engagement, le travailleur engagé profite donc de cette source de motivation pérenne, durable et irrépressible.
  • la motivation extrinsèque ou secondaire 
    • cette motivation n’est pas inhérente à l’activité, elle dépend de ce que l’activité permet d’obtenir
    • l’activité a donc une valeur instrumentale, la motivation n’est pas de faire cette activité pour le simple plaisir de la faire mais bien dans le but d’obtenir quelque chose.
    • Le workaholic fonctionne sur ce mode

Vous imaginez donc l’importance de connaître nos motivations primaires et de faire en sorte qu’elles soient présentent dans notre quotidien afin d’entretenir notre motivation et notre économie psychologique.

LE DIAGNOSTIC DU BURN-OUT

les questionnaires fonctionnels

à faire analyser et interpréter par votre professionnel de santé :

  • QMS = questionnaire médecine santé cliquez-ici
  • DNS = Dopamine Noradrénaline Sérotonine
  • échelle d’autoévaluation du BURN-OUT de Maslach cliquez-ici
  • échelle du stress perçu de Cohen cliquez-ici
  • échelle HAD (anxiété et dépression)

les bilans biologiques spécifiques

prescrits au cas par cas par votre professionnel de santé en fonction de votre situation personnelle :

  • profil hormonal salivaire à 8h du matin
    • cortisol
    • DHEA
    • pregnenolone
    • testostérone
  • profil des neuromédiateurs
    • dopamine
    • noradrénaline
    • adrénaline
    • sérotonine
    • et leurs dérivés
  • magnésium érythrocytaire
    • élément essentiel de la neurotransmission
  • métagénome, métabolome et DMI
    • on connait aujourd’hui les liens entre microbiote en dysbiose et troubles anxiodépressifs et BURN-OUT

La prise en charge du BURN-OUT

Elle doit assurément être globale et intégrative associant au cas pas cas :

  • des outils de TCC de 3ième vague tels que la pleine conscience, la thérapie ACT
  • la cohérence cardiaque, la respiration abdominale
  • les exercices de gestion des modes mentaux (la bascule du Mode Mental automatique au mode mental adaptatif)
  • une prise en charge micronutritionnelle précise et personnalisée associant au cas par cas notamment :
    • une optimisation de la fonction cerveau
      • soutient de la synthèse des neuromédiateurs : apports des précurseurs et des cofacteurs
      • optimisation des statuts en magnésium et en acides gras polyinsaturés omégas 3
    • une gestion de l’inflammation qui supprime le rétrocontrôle négatif et entraine une augmentation de la synthèse de cortisol :
      • apports en omégas 3
      • optimisation du statut en vitamine D
      • apports d’antioxydants
    • prise en charge d’une éventuelle adiposité viscérale (obésité localisée sur l’abdomen)
    • soutien des surrénales avec des plantes adaptogènes

Le BURN-OUT apparaît donc suite à un stress chronique mal géré dans le cadre du milieu professionnel, il met en jeu à la fois des phénomènes biologiques avec un dérèglement de l’axe hypothalamo-hypohyso-surrénalien et des phénomènes neuropsychologiques avec mise en jeu de territoires cérébraux spécifiques. Il demande donc une prise en charge globale et intégrative tenant compte de tous ces mécanismes associant micronutrition d’une part et technique de gestion du stress d’autre part.

L’alimentation via notamment l’apport des acides aminés précurseurs des neuromédiateurs (dopamine, noradrénaline,sérotonine) et une complémentation alimentaire personnalisée et précise (Mg, vit B6, B9, B12, Fe, Cu, Zn, omégas 3 …) seront des alliés indispensables, qui associés à une prise en charge psychologique, constitueront une prise en charge globale de cette pathologie qui touche aujourd’hui un grand nombre de travailleurs.

DISCLAIMER : Ce POST comme tous ceux que vous trouverez sur le blog, contient des informations en matière de micronutrition et de nutrition santé. Il ne se substitue en aucun cas à une consultation. Seuls des médecins et des pharmaciens formés à la Micronutrition pourront au cours d’une consultation vous proposer une prise en charge personnalisée en tenant compte de votre état de santé. Ils pourront alors compléter ces informations et vous proposer une alimentation adaptée et une complémentation sur mesure.
Le Blog de la Micronutrition 2.0 et son propriétaire dégagent toute responsabilité concernant les conséquences qui découleraient d’une utilisation abusive ou non des informations qui sont contenues dans cet article.  Une auto-médication dans le domaine des micronutriments peut s’avérer dangereuse et toxique, demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien formés à la Micronutrition.

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